Après plusieurs années passées dans les champs comme ouvrière agricole polyvalente, à effectuer différentes saisons de cueillette, de récolte et de tri, j'ai décidé de m'installer à mon compte. Me voilà donc en route pour une formation adulte en maraîchage bio, quelques stages et de nombreuses rencontres. Avec en moi ce rêve de fleurs… Au début de l'année 2019, je rencontre un paysan qui me propose un accès à sa terre, près du Vigan, alors je fais le grand saut et me lance dans la production de fleurs à couper.
Après cette première expérience, une parenthèse de quatre ans s'est ouverte. Entre voyages et activité salariée, cette pause s'est révélée précieuse : la passion des fleurs n'a jamais quitté mes journées. Lectures, formations en fleurs coupées, pratique de la composition florale, rencontres avec d'autres agriculteurs et l'obtention de mon BPREA, tout cela a alimenté ce projet qui grandissait en moi. Mes valeurs, elles, n'ont pas bougé d'un pétale.
En cette année 2026, un nouveau chapitre s'écrit avec un élan retrouvé. Les Fleurs de Prune s'installent à Cazilhac, aux portes des Cévennes, tout près de Ganges. Ma ferme florale s'articule aujourd'hui autour de deux parcelles au cœur de cette garrigue cévenole que j'aime tant : l'une accueille ma pépinière, l'autre mes cultures en plein champ.
J'ai la chance de cultiver ces terres dans la plaine agricole de Cazilhac, une terre historiquement nourricière, irriguée depuis le XVIIe siècle grâce à un ingénieux réseau de canaux alimentés par la Vis. L'eau y est remontée jusqu'aux cultures par les meuses, ces grandes roues à godets en bois classées monuments historiques, qui tournent sans relâche au seul courant du canal. L'une de ces roues tourne à quelques mètres à peine de ma serre. Ces terres irriguées et arables sont précieuses et très prisées ici ; c'est une magnifique promesse de fleurs pour les années à venir.
Pour vous les proposer, mon circuit de vente est le plus « vert » possible : je privilégie la vente directe, ce qui favorise la fraîcheur de mes fleurs quand elles arrivent dans votre panier. Pour chaque bouquet, j'effectue moi-même toutes les étapes, de la graine à la fleur, en passant par la culture, l'entretien, la cueillette, le conditionnement et la confection.
En choisissant mes fleurs, vous encouragez une agricultrice locale engagée en culture biologique.
Les fleurs coupées qui arrivent sur le marché français proviennent à 80% d’importation du monde entier, dont les principaux producteurs sont le Kenya, l’Éthiopie et l’Équateur. Le mode de production y est intensif et les conditions des travailleurs désastreuses.
Plusieurs scientifiques ont réalisé des études qui en témoignent :
Dans un article publié dans 60 millions de consommateurs, des résultat d’analyses effectuées en laboratoire sur des roses de dix grandes enseignes françaises révèlent un résultat alarmant : une quinzaine de produits en moyenne (fongicide, insecticide…) ont été trouvés dans chaque fleur.
Une autre étude menée en Belgique, parue dans On n’est pas des pigeons, réalisée par Bruno Schiffers du laboratoire de Phytopharmacie de Gembloux en 2016, révéla 97 substances différentes sur les roses belges !
Les recherches à ce sujet sont nombreuses, certaines toujours en cours. Elles démontrent également que la traçabilité est souvent compliquée, la prévention et la protection des employés inexistantes, les ressources en eau surexploitées…
Un consommateur ne peut imaginer qu’en offrant un bouquet de fleurs, il contribue à la destruction des abeilles, des coccinelles et à l’affaiblissement de la biodiversité.